Colloque diocésain : analyser le corps, comprendre l’homme et approcher Dieu

Le 19 février, notre diocèse et l’ICES organisaient leur journée annuelle de colloque sur le thème « Le corps dans tous ses états ». Un exercice où se croisaient plusieurs disciplines qui chacune a interrogé cette notion de corps, du corps biologique aux corps sociétal et ecclésial, leurs problématiques, leurs représentations, leurs symboliques, jusqu’aux enjeux les plus actuels (révision des lois de bioéthique).

 

Tant par la richesse des contributions, tant par l’objet du colloque qui pouvait paraître inépuisable, les auditeurs ont vraiment compris toute l’importance de ce rendez-vous de formation, ouvert à tous et gratuit. « Dans les différentes contributions, nous avons vu que l’enjeu central était l’homme », a réaffirmé le P. Gauer, aumônier de l’ICES, qui a conclu le colloque. Au travers des communications sur le corps individuel, sociétal et ecclésial, sur l’approche anthropologique, les positions doctrinales et éthiques de l’Église sont apparues soit de manière appuyée ou soit plus en filigrane.

 

2018-02-19 Colloque - Matin_MG_6497 - UNE Facebook

 

« Il y a impossibilité de penser le corps chez nos députés »

 

Dom Pateau, abbé de Fontgombault a fait découvrir à l’auditoire comment « le corps monastique » à travers l’histoire du monachisme, la règle de saint Benoît, a toujours été un lieu de stabilité et offre toujours « un corps uni et réconcilié avec lui-même et avec Dieu ». L’abbé Stalla-Bourdillon, aumônier des parlementaires a livré une analyse assez pessimiste de la manière dont le corps était traité sur les bancs de l’Assemblée. Pour le curé de Sainte-Clotilde, « il y a impossibilité de penser le corps chez nos députés ». Si des visions différentes sur le corps coexistent au sein de l’hémicyclique, beaucoup de députés refusent de tenir un questionnement sur le corps, sur sa dignité. Le corps, tout comme la morale sont les victimes du multiculturalisme ambiant qui conteste le fait majoritaire pour ne pas discréditer les minorités et a tendance à vider le droit de ses normes majoritaires. Le corps se voit réduit à un objet, « otage d’une pensée matérielle et libérale ». L’abbé Arfeux, spécialiste en ecclésiologie, a apporté lui une pensée attendue autour du corps de l’Eglise. C’est la constitution du concile Vatican II Lumen Gentium qui a permis, en quelque sorte, de mieux comprendre l’âme et le corps de l’Eglise, séparés douloureusement dans une compréhension de l’Eglise née de la crise protestante. Si l’Eglise se définit par le corps mystique du Christ, elle a aussi son propre corps. Deux dimensions, à la fois verticales et horizontales, qui coexistent et ne peuvent être séparées : « ainsi se créée une unité profonde de l’Eglise, à la fois signe et instrument du corps mystique du Christ ».

 

 

Une contribution aux débats sur la révision des lois de bioéthique

 

Parmi la dizaine de spécialistes présents, plusieurs interventions comme celles des pères Brice de Malherbe et Olivier Bonnewijn, ou encore celle de Jean Matos ont eu une forte résonnance dans le contexte français des révisions de la loi de bioéthique. Le père de Malherbe, enseignant aux Bernardins, a fait le constat que face au marché, face au transhumanisme, le corps « premier lieu de l’expérimentation de la vie et de la construction de la morale », semblait absent de la sphère éthique. Le legs chrétien montrait pourtant
que le corps était une source d’une éthique universelle. Par la masculinité et la féminité, le corps révéle l’homme, l’homme pour la femme et la femme pour l’homme. Le père Bonnewijn a lui fait écho de la situation de son pays, la Belgique, où l’euthanasie n’est plus sanctionnée. « La dépénalisation ne veut pas dire pratique accrue ou l’acceptation éthique de l’euthanasie », a-t-il annoncé tout en montrant que d’autres solutions, à puiser dans la qualité et l’intensité du relationnel, pouvaient contrebalancer le discours sur la fin de vie volontaire, dont les arguments ne reposent, selon lui, que sur une recherche de l’atténuation de la souffrance.

 

Le corps s’est donc révélé, au cours de ce colloque, dans toute son importance, sa préciosité, sa marque divine en quelque sorte, à l’heure de sa banalisation, des dangers de manipulation ou de transformation augmentée qui pèse sur lui. L’heure de l’oubli de Dieu est sans doute l'heure de l’oubli de l’importance du corps, de son origine divine, de sa mission terrestre celui de porter l’âme et de permettre à l’homme de s’affirmer comme un être de relations et d’amour.

GM

Catholiques en Vendée - N° 163 - mars 2018

 

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