Pédophilie dans l’Eglise : « Prions et agissons ! »

2019-01-16 Pédophilie Soirée - Article 3Contre le drame de la pédophilie, l’Eglise se mobilise. Le diocèse de Luçon a vécu une première journée de sensibilisation le mercredi 16 janvier, pour prévenir et éviter que de tels drames, comme ceux commis en Vendée entre 1950 et 1970, ne se reproduisent.

Au cours de la journée, au collège Richelieu à la Roche, 130 participants (acteurs engagés auprès des jeunes, laïcs, prêtres) ont entendu différents spécialistes donner des clés pour tenter de comprendre l’inconcevable.

Dans la soirée, des victimes ont témoigné, au cours d’un temps particulièrement fort, à l’ICES, devant un public de près de 300 personnes.

 

Pour Mgr Jacolin, évêque de Luçon, qui a entendu de nombreuses victimes depuis son arrivée en Vendée, face à ce drame de la pédophilie, « nous sommes tous concernés, comme membres d’un même corps, qui est l’Eglise ».

 

Reportage sur la journée de sensibilisation

 

 

 

Cellule d'accueil et d'écoute pour les victimes mineures d'abus sexuel

 

Cette cellule a été constituée à l'intention de victimes d'abus sexuels, mineures au moment des faits commis par des personnes ayant reçu une mission ecclésiale, pour les diocèses d'Angers, Laval, Le Mans, Luçon et Nantes, par Mgr Jean-Paul James, évêque de Nantes, il y a deux ans.

Elle mobilise cinq professionnels pour écouter et recevoir les victimes. Elle est composée d'un ancien magistrat psychothérapeute, d'un psychologue, d'un psychiatre, d'un avocat et d'une infirmière scolaire également conseillère conjugale.

L’accueil commence d’abord par des échanges de mails et débouche souvent par une prise de rendez-vous. « J’essaye d’être le plus dans l’hospitalité de la personne, dans une forme de transparence pour que la victime puisse parler sans interférence », raconte Nathalie Le Rendu. Elle et ses collègues ne font pas de suivi médical des victimes mais peuvent assurer un relais avec un des cinq évêques de la région qui pourra recevoir à son tour la victime. L’écoute de l’histoire des victimes est essentielle.

Cette cellule est joignable à l’adresse suivante : paroledevictimespaysdeloire@gmail.com

 

 

Les faits en Vendée

 

Entre 1950 et 1979, une quinzaine de prêtres ont commis des abus sexuels, sur des enfants qui leur étaient confiés au petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers et à l’institution Saint-Joseph de Fontenay-le-Comte. Pour Chavagnes, 8 à 9 prêtres seraient concernés, dont 2 sont en vie. Pour Fontenay, des témoignages mettent en cause 4 prêtres dont 1 encore en vie. En 2012 et 2016, deux signalements ont été faits auprès du procureur de la république. Après enquête, la justice civile a abandonné les poursuites, car les faits, bien que solidement établis, étaient prescrits.

Pour l’abbé Claude Babarit, prêtre du diocèse, qui a été élève puis professeur à Chavagnes, interrogé sur RCF Vendée, « il faut bien sûr attirer l’attention sur ce sujet de la pédophilie. Mais, n’oublions pas qu’il y a d’excellentes choses qui ont été vécues à Chavagnes : ces maisons ont tellement apporté, à la fois à l’Eglise bien sûr, mais aussi à la société vendéenne, par la formation des jeunes qui y sont passés. Il serait dommage de ne pas voir l’aspect positif de ces années-là ».

 

 

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Abus sexuels : que disent le droit français et le droit canonique ?

 

L’avocat nantais, Maître Benjamin Boucher, a évoqué les subtilités juridiques et judiciaires autour des abus sexuels. Avocat de victimes d’abus sexuels et avocat de l’aide sociale à l’enfance du département de la Loire-Atlantique, Maître Boucher a rappelé la différence entre crime et délit. Le viol, caractérisé par la pénétration forcée, demeure un crime ; l’agression sexuelle sans pénétration est, elle, considérée comme un délit. Les crimes sont jugés en Cour d’Assises, 95% des jugements qui y sont rendus, concernent aujourd’hui des viols, les meurtres et braquages restant finalement à la marge. Même si la simple parole de la victime ne suffit pas, et se voit complétée par des témoignages et des expertises psychiatriques des abuseurs, parler est loin d’être une évidence pour les enfants agressés.

C’est pour cela que ces dernières années, le droit français a évolué dans le bon sens en repoussant la prescription à 30 ans après la majorité de la victime. Maître Boucher a évoqué également ce qu’encouraient en moyenne des auteurs de viols, selon les cas : de 8 à 15 ans de réclusion. Au terme d’une procédure pénale, allant de 2 à 4 ans, une victime peut demander à la Cour autour de 20 000 euros afin d’être indemnisée face au préjudice subi.

Après le droit français, quelques précisions ont été apportées, par le Père Leray, chancelier du diocèse de Nantes, sur le droit de l’Eglise. Le droit canon est très clair face à ce manquement grave au 6e commandement (« tu ne commettras pas d’adultère »). Le code de droit canonique, datant de 1983, prévoit de sanctionner le clerc qui s’est rendu coupable d’acte sexuel sur un mineur, jusqu’à la sanction ultime : le renvoi de l’état clérical. « Vu l’époque de la rédaction du code, rien n’est prévu pour les laïcs en mission, mais il va de soi que la mission doit être retirée » précise le père Leray. Depuis les années 80, plusieurs textes (Motu proprio de 2001, directives et guides adressés aux Conférences Episcopales, textes de la CEF) sont venus renforcer les procédures canoniques, protéger les victimes, et améliorer la collaboration avec la justice civile.

La CORREF a publié également un document sur l’attitude que doit avoir un supérieur majeur de congrégation face à des cas d’abus sexuels d’un religieux sur des enfants. Pour le Père Leray, « il est normal que l’ordinaire (l’évêque) s’assure d’une enquête diocésaine puis doit signaler les faits à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. En liaison avec le Procureur de la République, le clerc incriminé doit être éloigné des victimes. Il lui sera interdit de la célébration publique de la messe par exemple ». Le code de droit canonique oblige désormais l’ordinaire de collaborer avec la justice civile et dénoncer les faits au procureur. « Qu’en est-il d’une dénonciation dans le cadre de la confession ? ». A cette question, la réponse du Père Leray ne souffre d’aucune ambiguïté : « un prêtre qui trahit le secret de la confession serait automatiquement excommunié. En revanche, il peut ne pas donner l’absolution à l’abuseur repenti en le forçant à se dénoncer aux autorités ».

 

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