Le Salut : comment et pourquoi l’annoncer aujourd’hui ?

Le nom de Jésus signifie « Dieu sauve ». C’est le cœur de la Révélation chrétienne. Le Sauveur est celui qui apporte le Salut, qui libère l’homme du péché, qui restaure notre capacité d’aimer en vérité. Alors que l’Eglise s’apprête à célébrer dans quelques jours le mystère pascal, la Croix et la Résurrection du Christ, contemplons ce mystère de l’Amour rédempteur du Christ Sauveur, pour en témoigner au monde.

 

 

CEV-n°175 - Le Salut

 

3 questions au père Benoît-Dominique de la Soujeole,
dominicain, professeur à l’institut de théologie de Fribourg

 

Pourquoi est-ce urgent d’annoncer le salut aujourd’hui ?

L’annonce du salut à tous les hommes a été urgent à toutes les époques et le reste aujourd’hui. Pour comprendre cette hâte que tout baptisé doit avoir d’annoncer le salut, il convient de se rappeler que cette nécessité existe des deux côtés. Du côté de la communauté chrétienne car cela tient à son identité la plus profonde : « L’Eglise pélerine sur terre est par sa nature même missionnaire car elle tient son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père » (Vatican II, décret sur les missions, n° 2). C’est donc une question vitale pour les chrétiens ; on n’est chrétien que dans la mesure de sa participation à cette mission car sinon on n’a pas la charité. Du côté des non-chrétiens il y a nécessité aussi d’entendre l’annonce de la victoire du Christ sur le mal et le péché. Car le Christ est le seul libérateur et sauveur du mystère du mal dont tout homme fait l’expérience comme auteur ou victime. Une image peut aider à saisir cela : que dirait-on d’un médecin qui aurait la possibilité de guérir une maladie grave et qui s’en abstiendrait ? La loi française punit la non-assistance à personne en danger. D’une certaine façon, la communauté chrétienne, envoyée dans le monde par le Christ et l’Esprit, est ce médecin capable de servir l’Evangile et les sacrements qui sont les remèdes divins contre le mystère du mal. Et le mystère du mal cause des maladies mortelles…

 

Comment parler du salut aujourd’hui ?

Vaste question ! Redoutable aussi chez nous, en Europe, où notre culture est post-chrétienne. Elle a connu l’Evangile, en a vécu, et s’en éloigne tous les jours un peu plus. Le message du salut dans le Christ fait figure de vestige du passé, mais ne semble ni actuel ni d’avenir… Or le besoin d’être délivré du mal (c’est la dernière demande du Notre Père) est universel et il ne peut trouver sa réponse adéquate que dans le Christ connu, aimé, servi, « vécu ». Il me semble que dans les conditions très difficiles d’aujourd’hui chez nous, il faille mettre en avant le témoignage d’abord par les actions vraiment charitables. Aller au-devant des pauvres, des malades, des personnes déplacées, des prisonniers (ce sont les « critères » du jugement dernier en Mt 25, 31-46) et les secourir effectivement. Sur la base de ces engagements concrets, alors peut être dite ensuite et progressivement une parole missionnaire qui révèle d’où vient cette charité : du Christ. On disait traditionnellement qu’il faut être missionnaire par la parole et par l’exemple (« verbo et exemplo »). Aujourd’hui, dans les conditions qui sont les nôtres, il convient le plus souvent de renverser la formule : par l’exemple puis par la parole.

 

Quelle doit-être l’attitude des chrétiens dans cette annonce ?

Si notre charité missionnaire doit d’abord être exemplaire par les actions en faveur des malheureux, il faut voir quelles sont les caractéristiques de la charité telles que saint Paul nous les apprend dans le grand chapitre 13 de la 1ère lettre aux Corinthiens : la charité est – dit-il – patiente, serviable, humble, ne cherchant pas son intérêt (= gratuite). C’est cela qui rend notre témoignage, l’exemple que l’on doit donner, « transparent » au Christ et au salut qu’il offre. Il n’y a pas de recettes, de mode d’emploi, de « stratégie » pour exprimer la charité. Il faut laisser le Seigneur entrer au plus profond de notre cœur car c’est là qu’il parle, qu’il suscite des initiatives, qu’il soutient les efforts, qu’il guide au jour le jour. Si un cœur est ainsi ouvert au Seigneur, il devient capable de l’authentique charité missionnaire. Mais comment ouvrir son cœur ? La réponse, depuis deux mille ans est désarmante de simplicité : prier assidument, « prendre » la Parole de Dieu comme on prend sa nourriture, se rendre en mendiant à l’Eucharistie et en malade au sacrement de la réconciliation. Rien d’héroïque là ! Et pourtant c’est décisif… De tout temps et partout l’Evangile du salut a été servi comme cela. Avec une précision importante : c’est ensemble que nous devons annoncer le salut. Le vrai sujet de la charité missionnaire est la communauté chrétienne dans la variété de ses membres, chacun selon la grâce qui lui a été départie. L’amour est unificateur, rassembleur, fédérateur. L’appartenance paisible à la communauté est le test infaillible de l’authentique charité, la seule vraiment missionnaire.

 

Catholiques en Vendée - N° 175 - avril 2019

 

Le besoin d’être délivré du mal est universel et il ne peut trouver sa réponse adéquate que dans le Christ connu, aimé, servi

 

La grâce est, si l’on peut dire, le mode d’emploi de notre capacité à être libre, en nous révélant le vrai et le bien

Père Benoît-Dominique de la Soujeole, dominicain

 

 

CEV-n°175-Marie Dezaunay

 

Marie Dezaunay, coordinatrice de la mission vécue à la Roche-sur-Yon, ancienne membre des ESM, les Emmanuel School of Mission, à Paray-le-Monial.

 

« Le Christ seul peut combler le cœur de chacun,
car tous, nous aspirons au bonheur »

En nous mettant en mission, nous ne cherchons pas d’abord à convertir, mais nous annonçons la Bonne Nouvelle du Christ. Notre objectif n’est pas de toucher le cerveau des gens mais bien de toucher leur cœur, de laisser le Seigneur agir. Nous avons souvent tendance à être des chrétiens de canapé, et se mettre en mission n’est jamais facile ! Il nous faut le courage de faire le premier pas. Ce que je peux voir, c’est que cela porte beaucoup de fruits, en parlant avec la personne, en le mettant au centre de la discussion, en l’invitant à voir ce qui peut être bon pour elle. Les retours de nos échanges auprès des jeunes notamment sont enthousiasmants. Beaucoup nous disent avoir des valeurs, mais il leur manque quelque chose, ils sont en recherche, même s’ils n’arrivent pas toujours à mettre des mots sur cette quête qu’ils ont au fond d’eux. On cherche donc à leur apporter un peu de chaleur et de feu, que le Christ nous apporte. Le Christ seul peut combler le cœur de chacun, car tous nous aspirons au bonheur.

Pour moi, l’annonce du salut est primordiale aujourd’hui, il faut faire « la révolution de l’amour », le monde en a tellement besoin ! Seuls, nous ne pouvons pas l’apporter, c’est le Seigneur qui peut l’apporter par nous. Je suis témoin que le Seigneur fait des merveilles, à travers nous, pauvres pécheurs, et je rends grâce !

 

 

Le Christ seul peut combler le cœur de chacun, car tous nous aspirons au bonheur.

Marie Dezaunay, coordinatrice de la mission vécue mi-mars à la Roche-sur-Yon

 

 

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