Mgr Loizeau : serviteur de l'Eglise

Mgr Loiseau

  A quelques jours de l'ordination épiscopale de son successeur, Mgr Loizeau revient pour nous sur son itinéraire de vie, marqué par seize années à la tête du petit diocèse de Digne, Riez et Sisteron. Une riche existence qui a pris désormais les couleurs de la retraite, au coeur de la maison canoniale. Une sorte de retour aux sources, tout près de la cathédrale, pour celui qui fut professeur au grand séminaire et qui servit deux évêques de Luçon, Mgr Paty puis Mgr Garnier.

 

 

 

« J'ai offert ma vie au Seigneur »


Né en 1939 dans le coeur du Marais Poitevin, à Maillé, ordonné prêtre en 1965, puis évêque en 1998, Mgr Loizeau a connu et a écrit des pages importantes de la vie de l'Eglise depuis un demi-siècle. Des parents pieux, la figure charismatique d'un prêtre « vicaire-instituteur », le service de la messe. Le milieu de l'enfance est propre à l'éclosion d'une vocation. Pourtant, l'appel naît d'un coeur à coeur avec le Christ dans le silence de l'église paroissiale. « Mes parents ne m'ont pas forcé au niveau de la vocation, mais ma mère m'a dit un jour : - "puisque l'église est sur le chemin de l'école, arrête-toi pour y faire ta prière". Ce ne fut pas si facile, car il fallait quitter les copains. Là, dans cette église vide, j'ai acquis la prière personnelle. Cette rencontre avec le Christ comme une personne, fut un souvenir fort. C'est à ce moment-là que j'ai offert ma vie au Seigneur. » Séminariste, l'autre étape marquante de la jeunesse du jeune
François-Xavier est la guerre d'Algérie. Une période où il est confronté à des gens très variés. « Dans un endroit perdu en pleine Kabylie, sans aumônier, ce fut moi qui organisais des temps de prière à partir des textes du dimanche. » Des moments intenses qui vont conforter le vendéen dans son désir d'être prêtre.

 


Au service des séminaristes et des évêques


Les années suivantes sont des années de grandes épreuves. Professeur de philosophie et économe du séminaire de Luçon, l'abbé Loizeau prend de plein fouet la crise de 1968, le départ de nombreux séminaristes et aussi celui de prêtres. « Ce fut une grosse épreuve. Mais nous étions une équipe de professeurs très soudée. Ce qui nous a fait garder le cap, c'est bien l'esprit des prêtres sulpiciens qui étaient avec nous. Cette spiritualité de l'école française nous a soutenus. » Entre 1968 et 1972, le nombre d'élèves séminaristes tombe de 130 à une trentaine. L'abbé Loizeau ferme lui-même le séminaire en 1972. On imagine le moment pénible. Le professeur qu'il était n'abandonne pas pour autant sa mission. Ainsi à Angers, où les séminaristes du diocèse se sont rapatriés, il oeuvre pendant dix ans avant de rejoindre le secrétariat particulier de Mgr Paty. « Je retiens de Mgr Paty l'image d'une personne sage. Un bon grand-père, à la fois affectueux, mais qui savait aussi où il voulait aller. Dans un genre très différent, Mgr Garnier était une force de la nature, un fonceur. Etant son vicaire général, je faisais du lien pour apaiser ou arrondir les angles. » En lien avec Mgr Garnier, le Père Loizeau a ainsi géré plusieurs dossiers importants : la restructuration des paroisses, la célébration diocésaine du bicentenaire des Guerres de Vendée, la venue du Pape en 1996. Il a aussi suivi le démarrage de l'ICES, ou encore de la radio diocésaine, l'actuelle RCF
Vendée.

 

Dans les Alpes de Haute-Provence

 

En 1998, Mgr Loizeau rejoint Digne. Le maraichin du sud se retrouve propulsé évêque dans un territoire montagneux, au coeur d'un diocèse certes à l'histoire ancienne, aux multiples cathédrales, mais peu peuplé, moins bien pourvu, en résumé : très différent de la Vendée.

 

« Je me suis senti un peu comme Abraham, déraciné, mais j'ai été vraiment heureux dans ce petit peuple », nous dit-il. L'Eglise dans les Alpes de Haute-Provence, qui bénéficiait d'un synode récent, trouve un pasteur ayant pris comme devise « La Vie en abondance ». « J'ai toujours souhaité que les gens qui m'étaient confiés vivent de la vie du Christ, et surtout en abondance. » Le nouvel évêque visite à
fond son diocèse, collabore avec un presbyterium « remarquable » d'une trentaine de prêtres. Un épiscopat de seize années marqué par la célébration des années jubilaires, par des rassemblements nombreux, par l'ordination de deux prêtres et de plusieurs diacres. « Il y a peu, six séminaristes se sont mis en route et un sera bientôt ordonné. Des fruits inattendus, un peu tardifs, qui sont extrêmement réconfortants », nous confie le successeur de Mgr de Miollis. Cet évêque de Digne, véritable « évêque des pauvres » qui a servi de modèle à Hugo pour son Mgr Myriel.

 


L'épreuve de l'hospitalisation


Mgr Loizeau termine néanmoins son épiscopat épuisé. Epuisé par quatre opérations de la hanche en l'espace de trois ans. « Je me rappellerai toujours cette Semaine Sainte que j'ai vécue, cloué sur un lit d'hôpital. J'ai reçu le sacrement des malades le Vendredi-Saint.
Beaucoup sont venus me voir, beaucoup m'ont soutenu et ont prié. Le Seigneur a répondu à ma détresse à travers eux. »


Mgr Loizeau a vécu la vie d'une Eglise réellement pauvre en moyens humains et financiers, mais ce qui n'empêche pas de la voir belle. Au coeur de l'avenir des diocèses, quelle que soit leur situation, il y a bien sûr la nouvelle évangélisation. « Il faut reprendre la flamme de l'annonce », nous dit l'évêque émérite. « De différentes façons certes, mais en commençant par nos forces. Il ne faut pas avoir peur de l'avenir, c'est le Saint-Esprit qui guide son Eglise ! »


Grégoire Moreau/ CEV 116

 

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