Frère Alain de Jésus : « La vie religieuse vous fait découvrir qui vous êtes en vérité »

frere alain

Frère Alain de Jésus est le prieur de l'abbaye de la Grainetière, à quelques kilomètres des Herbiers, au coeur du bocage vendéen. Dans cette abbaye vivent dix frères de la congrégation Notre-Dame d'Espérance, fondée en 1966 par un moine bénédictin, le Père Guilluy. La particularité est qu'elle accueille des frères en situation de handicap ou de santé fragile. En cette Année de la vie consacrée et alors qu'il se prépare au diaconat en vue du sacerdoce, Frère Alain de Jésus raconte son chemin de foi qui l'a conduit jusqu'en Vendée.

 

Pour arriver jusqu'à l'abbaye de la Grainetière, il faut sillonner sur une route de campagne, avant d'apercevoir l'édifice, niché dans un vallon. Frère Alain de Jésus accueille avec une franche poignée de main et un large sourire. C'est là, à la Grainetière, où il est prieur depuis 2008, qu'il confie avoir trouvé « la place que le Seigneur lui destinait », après bien des années passées à chercher sa voie. Mais, dit-il en souriant, « heureusement que dans l'Eglise, nous avons un Charles de Foucauld par exemple, qui a mis du temps avant de trouver sa place ! ».

 


Né à Paris, élevé dans la foi catholique plus par sa mère que par son père, le jeune Alain est très assidu aux cours de caté. Adolescent, il se cherche et prend peu à peu ses distances avec l'Eglise. « A l'âge de 24 ans, j'ai eu un grave accident. Cela a été pour moi l'occasion de faire un point sur la vie et je dois dire que la conclusion était assez triste, je ressentais un grand vide ! », raconte-t-il.

 

Etre avec ceux qui souffrent

 


Au bout de quelque temps, il prend la direction de l'Italie. Nous sommes à la fin des années 70. C'est à San Giovanni Rotondo, au coeur des Pouilles, le village de Padre Pio, qu'il entend une voix lui dire : « Je t'attendais depuis longtemps ». Là, il confie : « Après avoir demandé le sacrement du pardon, j'ai reçu une vrai douche ! Le prêtre, qui est ensuite devenu mon père spirituel, m'a bien remué ! ». De retour en France, il côtoie un groupe de jeunes cathos proche des capucins. « Je me suis interrogé. Etait-ce dans l'ordre des
Capucins que se trouvait ma place ? »
. Après un séjour dans un monastère en Italie, il sait que la réponse est négative. C'est à la Rue du Bac, à Paris, qu'il rencontre des frères, serviteurs de Jésus et de Marie. Là encore, il entre quelque temps dans la communauté, mais ne reste pas. Il rejoint alors les Frères de Saint Jean de Dieu, un ordre hospitalier, où il reste dix ans et apprend le métier d'aide-soignant. Mais frère Alain ressent au fond de lui un sentiment d'inachevé.

 


Un jour à Lourdes, il rencontre un jeune moine bénédictin. « Il était de la congrégation de Notre-Dame d'Espérance. Il m'a invité à venir découvrir la communauté qui était à Monteaux, dans les Pyrénées. » Là, frère Alain est saisi par la force de la prière. « Voir ces moines handicapés prier avec une telle ferveur m'a vraiment touché. Moi qui, comme aide-soignant avait été "proche de" ceux qui souffraient, je n'étais pas "avec" ceux qui souffraient. » Il entame alors des démarches pour rentrer dans la communauté et fait un premier séjour à la Grainetière en 2000. « Je me suis plu tout de suite. » Après son noviciat, il revient en Vendée, puis part en Corse où il devient prieur.
Fin 2008, il est alors question de fermer l'abbaye de la Grainetière. Grâce aux prières et au soutien des amis, fidèles du lieu, la fermeture est évitée et frère Alain est appelé pour devenir prieur du lieu.

 


« La vie en communauté est aussi source de richesse , si on accepte les différences de l'autre »

 


Aujourd'hui, la communauté vendéenne compte 10 frères, le plus jeune est âgé de 33 ans et le plus âgé a 75 ans et quelques-uns sont porteurs de handicap. « Nous vivons selon la règle de Saint Benoît, "Ora et labora", la prière avec tous les offices sauf ceux de nuit, la messe quotidienne et le travail, comme du jardinage par exemple. Ici, tout a sa place, tout est ordonné. Cela est très enrichissant pour un équilibre humain et spirituel », explique Frère Alain de Jésus. « La vie religieuse vous fait vraiment découvrir qui vous êtes en vérité, les masques tombent ! Dans le silence, vivre de l'Evangile et se retrouver face à face avec le Seigneur est libérateur. Dans notre société, qui voit toutes ses valeurs bousculées, le succès des abbayes et des retraites en silence veulent bien dire quelque chose. Notre monde vit dans un bruit continu Ici, au coeur du silence, c'est un lieu privilégié pour trouver Dieu. »

 


Lorsqu'il évoque la vie en communauté, Frère Alain de Jésus souligne, avec un trait d'humour : « La vie en communauté et, plus largement, en Eglise est aussi source de richesse, si on accepte les différences et les fragilités de l'autre. Nous avons la même
maison, qui est l'Eglise et le même Christ. Jésus a bien choisi douze apôtres qui étaient très différents ! »
.

 


Aujourd'hui, il chemine vers le diaconat, en toute humilité, pour ensuite, si Dieu le veut, devenir prêtre, le deuxième prêtre de la communauté de la Grainetière. « Le prêtre, entièrement donné à tous et le Christ ne font qu'un. Il vit une intimité tellement plus grande avec le Seigneur. » Avec la prière du Saint Curé d'Ars et de Saint Padre Pio, « mes deux références », Frère Alain sait qu'il peut avancer en confiance !

 

Anne Detter-Leveugle

 

Facebook


Calendrier

Novembre, 2017
< << Aujourd'hui >> >
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      

Facebook

FB

Widget don

2017 Denier - Widget

Widget Conférences

  Conference eglise et societe logo Widget

Publicite

Don
Cycle mariage
Conférence
Cloture Jubilé
3 ouvrages

 

Widget Newsletter

Inscrivez-vous aux newsletters

Widget Annuaire

 Widget Annuaire

Widget Rechercher document

 Widget Rechercher document

Widget Messes Info

Widget Messe Info