Tigranouhi H ovhannisyan : « N'oublions pas le génocide arménien ! »

Tigranouhi Hovhannisyan

 

Tigranouhi aura 20 ans dans quelques jours. Née en Arménie, elle est arrivée en France avec sa famille il y a cinq ans. Après plusieurs séjours dans des villes du sud-ouest, c'est finalement à la Roche-sur-Yon que Tigranouhi, ses parents, son frère et sa soeur se sont installés, non sans difficultés... Aujourd'hui, la jeune femme oeuvre pour que le génocide arménien ne soit jamais oublié. Alors que le centenaire aura lieu le 24 avril, une messe sera célébrée à la Roche-sur-Yon pour les fidèles de rite arménien en mémoire des centaines de milliers de morts de 1915.

 

Née en Arménie dans le petit village de Masis, Tigranouhi a eu une enfance pas toujours paisible. Ses parents doivent changer régulièrement de lieu d'habitation, de ville et d'école pour leurs trois enfants. En cause : les origines de sa grand-mère paternelle qui est azerbaïdjanaise. « En Arménie, les personnes venant d'Azerbaïdjan, le pays voisin, ne sont vraiment pas bien vues ni acceptées », explique la jeune femme. Le père de Tigranouhi, professeur de judo, est régulièrement insulté : « Tu n'es pas un vrai Arménien », lui dit-on. Tigranouhi, elle, n'a pas de problème avec ses camarades de classe. Elevée dans la foi par ses parents, fidèles de rite arménien, la fillette participe chaque 24 avril à la commémoration du génocide arménien. « Chaque année, nous allions au mémorial déposer des fleurs en mémoire de nos ancêtres qui sont morts », raconte-t-elle. Les massacres et déportations perpétrés entre 1915 et 1916, sur les populations arméniennes, après une décision du pouvoir turc en place à Istanbul, ont entraîné la mort de centaine de milliers de personnes, 1,3 million de morts selon le patriarcat arménien de Constantinople. « J'ai grandi avec cette histoire tragique de mon pays. Cela m'a toujours beaucoup touchée et m'a profondément marquée », dit la jeune femme. Pour trouver la paix, Tigranouhi se rend régulièrement dans la chapelle qui se situe devant chez elle. « Là, dans la maison de Dieu, je me sens bien. »

 

L'Église arménienne comme un soutien dans les difficultés


Mais un jour, en 2010, elle apprend qu'elle doit quitter son pays. Son grand-père a organisé la venue de Tigranouhi et sa famille en France pour fuir la vie en Arménie, devenue intenable. Réfugiée, la famille Hovhannisyan arrive en Vendée, d'abord à la Roche-sur-Yon puis aux Sables d'Olonne, avant de rejoindre Bordeaux puis Pau. « Nous étions logés dans des hôtels, sans savoir parler français, c'était très difficile. Mais à Pau, nous avons rencontré la communauté arménienne qui nous a vraiment beaucoup soutenus. L'Eglise et les fidèles arméniens ont été toujours d'un grand secours dans nos difficultés », souligne Tigranouhi. La jeune femme découvre le sanctuaire de Lourdes et a gardé depuis une image de la Vierge, dans son coin prière. A Pau, elle est scolarisée au collège et fait preuve d'une grande assiduité pour apprendre le français. « En Arménie, j'aimais déjà beaucoup étudier. Je voulais vraiment apprendre le français, et grâce à une amie qui m'a aidée, j'ai travaillé dur pour réussir, parfois jusqu'à 3 heures du matin pour travailler la grammaire ! »

 

Mais là encore, la famille doit quitter Pau et revient à la Roche-sur-Yon. C'est auprès de la pastorale des migrants qu'elle va trouver un accueil et une aide pour se loger au début, avant que ses parents ne trouvent un travail. Scolarisée au lycée Mendès France, Tigranouhi poursuit ses études, devient bénévole à la Cimade, association oecuménique d'aide aux réfugiés, comme traductrice car elle parle désormais parfaitement le français ! C'est dans le domaine du Droit qu'elle veut désormais travailler : « Le droit des réfugiés et le droit des enfants. Aujourd'hui, il y a beaucoup à faire... ».

 

 

Ne pas regarder l'Histoire se répéter sans rien faire

 

Alors que le centenaire se déroule en cette fin du mois d'avril, Tigranouhi souhaite que le génocide arménien ne soit jamais oublié. Elle est allée au mois de mars dans la paroisse de Chantonnay pour évoquer ce que ses frères arméniens ont vécu. « C'est à cause de la religion qu'il y a eu tous ces morts. Cent ans plus tard, c'est toujours la même chose, l'Histoire se répète, il y a toujours des massacres. Ce n'est pas possible de regarder cela sans rien faire. Chacun doit se sentir touché et concerné », exprime la jeune femme, qui dit vouloir « oeuvrer pour la paix et faire que l'on n'oublie pas ». C'est pourquoi, avec plusieurs amies, elle est à l'initiative d'un rassemblement commémoratif le vendredi 24 avril, à 18 heures place Napoléon à la Roche. « Il s'agit d'une marche avec des bougies, un temps-fort avec lecture de poèmes, qui sera suivi d'une messe célébrée ensemble en l'église Saint Louis pour se souvenir en ce triste jour anniversaire... »


Anne Detter-Leveugle

 

 

« Chers fidèles arméniens, aujourd'hui nous rappelons, le coeur transpercé de douleur, mais rempli d'espérance dans le Seigneur ressuscité, le centenaire de ce tragique événement, de cette effroyable et folle extermination que vos ancêtres ont cruellement soufferte. Se souvenir d'eux est nécessaire, plus encore c'est un devoir, parce que là où il n'y a plus de mémoire, cela signifie que le mal tient encore la blessure ouverte. Cacher ou nier le mal, c'est comme laisser une blessure continuer à saigner sans la panser ! »

 

Message du Pape François au cours de la messe célébrée en la basilique Saint Pierre pour le centenaire du martyre arménien, le dimanche 12 avril 2015

 

 

 
 

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