Yvon Vendé : « Aimer et faire confiance, c'est ce qui aide les personne en situation de fragilité »

Yvon Vendée Président du Secours Catholique dans le diocèse de Luçon depuis 2014, Yvon Vendé est un homme humble et discret. Marié et père de trois garçons, dont l'un est prêtre, grand-père à cinq reprises, il a été très engagé au sein de sa commune natale, Pouzauges, comme adjoint au maire et oeuvre aussi dans la paroisse Saint Antoine des Puys. A l'occasion de la journée de la collecte du Secours Catholique, qui s'est déroulée le 15 novembre, Yvon Vendé témoigne de son engagement auprès des personnes en situation de précarité.

 

Yvon Vendé le dit avec humour : « Je suis doublement Vendéen ! Par mon nom et par mes origines ! ». Né à Pouzauges, il a pratiquement vécu toute sa vie dans cette commune du bocage. Professeur de lettres et d'espagnol au collège, il participe activement à
la pastorale scolaire de l'établissement et s'engage aussi au sein de la municipalité comme adjoint au maire pendant trois mandats. Lorsque est venue l'heure de la retraite, Yvon Vendé confie s'être senti « comme au bord d'un gouffre ». Il décide alors de donner de son temps pour les autres et s'engage au sein de sa paroisse pour la conduite des sépultures. « C'est un vrai chemin de foi que nous vivons avec ces familles en deuil. Cela bouscule, car avec ces familles, nous sommes vraiment en vérité. On ne peut pas tricher, il s'agit de les écouter et de prendre leur parole au sérieux, tout en témoignant de notre espérance chrétienne », explique-t-il.

 

Parallèlement, alors que son épouse oeuvre déjà depuis plusieurs années au sein de l'antenne locale du Secours Catholique, en 2011 Yvon Vendé décide de s'investir lui aussi auprès des personnes en situation de précarité. Il participe alors à une session de théologie pastorale à Nevers et en revient bouleversé. « Au cours de cette session étaient réunis à la fois des théologiens de renommée nationale et des personnes en situation de fragilité comme le réseau Saint Laurent par exemple. Pendant deux jours, nous avons partagé ensemble sur la Parole de Dieu. J'ai réalisé que, dans l'Eglise, on ne donnait pas assez la parole aux plus petits. Je parlais à leur place, mais je ne les écoutais pas », raconte Yvon Vendé. La démarche Diaconia, vécue par l'Eglise en France en 2013, a ainsi été selon lui un bon appui pour le Secours Catholique. « Beaucoup de gens ont envie d'aider ceux qui sont dans le besoin. Mais ce qui les aide vraiment, c'est de les aimer, leur faire confiance, qu'ils retrouvent l'estime d'eux-mêmes pour qu'ils puissent prendre la parole. »

 


Avec les personnes fragiles, tisser du lien pou reconstruire une vraie relation 

 

Aussi, Yvon Vendé se félicite de la décision prise au niveau national du Secours Catholique d'intégrer des personnes en situation de fragilité dans les instances décisionnelles. « En donnant une place et un rôle à ces personnes, cela leur redonne leur dignité d'homme et de femme. On peut ainsi faire changer les choses ! C'est formidable lorsqu'une personne qui était en difficulté peut, à son tour, aider les autres. C'est bien cela qui remet une personne debout ! » Yvon Vendé ne cache pas son agacement lorsqu'il entend le mot « assistés » : « Cela est profondément insultant pour ces gens ! On les voit et on les juge sur leur état, on ne voit plus la personne, ni son intelligence ». Il est ainsi convaincu que le projet du Secours Catholique, promulgué en 2012, va dans le bon sens. « Ce que nous proposons, ce n'est pas seulement une aide matérielle, mais bien de faire un pas avec l'autre, de l'accompagner. Je crois beaucoup à cette démarche d'accompagnement des personnes, de tisser du lien pour construire une vraie relation. » Yvon Vendé cite alors avec émotion le souvenir de Michel, un homme sans domicile fixe qu'il avait rencontré lors de Diaconia et qui est décédé l'année dernière. « J'ai eu à présider sa sépulture et c'est à ce moment que j'ai réalisé le lien qui nous unissait. La rencontre d'une personne fragile me renvoie à mes propres fragilités. Lorsqu'une relation se créé, cela bouscule. Ainsi, vivre les obsèques de Michel avec ses amis a été pour moi une manière de vivre l'Evangile. »

 

Au-delà de l'aspect logistique, la qualité du moment est essentielle

 


Comme président du Secours Catholique dans le diocèse de Luçon, Yvon Vendé travaille avec les différentes équipes locales (32 au total), qui représentent 2 500 bénévoles sur tout le territoire du département. Lorsqu'il va à leur rencontre, il rappelle ce qui, pour lui, est important : « Au-delà de l'aspect financier ou logistique, c'est bien la qualité du moment que nous vivons avec les personnes fragiles
qui est essentiel. Une des difficultés est de ne pas se laisser happer par le côté matériel. Il est bon que le Secours Catholique propose aussi des moments de ressourcement, par exemple avec des groupes qui partagent ensemble sur la Parole de Dieu ».

 

Alors que va s'ouvrir d'ici quelques jours l'Année de la Miséricorde, Yvon Vendé se réjouit de ce que l'Eglise catholique va pouvoir vivre à cette occasion. Lui qui nourrit sa vie spirituelle par la prière et l'eucharistie garde aussi en tête l'avenir du Secours Catholique qui fêtera en 2016 ses 70 ans d'existence. Mais c'est aussi plus loin, à l'horizon 2017-2025 que pense Yvon Vendé : « Nous suivons de près l'évolution des régions et des communes pour répondre le mieux possible aux attentes des personnes fragiles. Nous devons rester au plus près d'eux pour les accompagner ».

 

Anne Detter-Leveugle

 

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