Tim Guénard : « Dieu rend visite à tous les coeurs chiffonnés de la terre »

tim guenard

C'est un homme à la jeunesse cabossée qui est venu témoigner en Vendée pendant une semaine auprès de plusieurs centaines de jeunes. Auteur du livre « Plus fort que la haine », Tim Guénard, marié et père de 4 enfants, montre que la vie, malgré toutes ses vicissitudes, est un vrai cadeau de Dieu, « le Big Boss » comme il l'appelle....

 

«Si c'était à refaire, eh bien je ne changerais rien dans ma vie ! ». Dans la bouche de Tim Guénard, cette parole peut paraître choquante, voire même incompréhensible lorsque l'on sait tout ce que l'homme, à la carrure solide mais au visage marqué par les épreuves, a vécu ! Comme il le dit lui-même, avec une pointe d'humour à la mode canadienne : « Enfant tordu, ado tordu, je suis bien un homme tordu ! Ce qui compte, ce n'est pas de rester tordu, mais de porter du fruit. Si on déracinait tout ce qui est tordu, il n'y aurait plus de vin ! ». Et ce n'est pas une histoire banale que Tim Guénard a raconté pendant plusieurs jours aux collégiens de la Roche-sur-Yon, Challans et Chantonnay.

 

Attaché à un poteau, puis abandonné par sa mère au bord de la route à l'âge de dix-huit mois, battu par son père alcoolique, le jeune Tim passe trois ans à l'hôpital, après être sorti du coma. « Quand j'étais jeune, c'était la haine qui me motivait pour me lever chaque matin. Je voulais me venger de mon père. » Il se fait renvoyer de plusieurs écoles et va alors en maison de correction. « J'avais tapé un copain qui parlait mal de sa mère. Pour moi qui n'avais plus ma mère, cela était insupportable. Vous les jeunes, vous pensez que vos parents vous embêtent en répétant sans cesse les mêmes choses. Mais un jour, vous les remercierez d'avoir été si pénibles. Cela prouve qu'ils vous aiment et qu'ils veulent votre bonheur », dit celui qui a grandi sans ses parents : « Oui, l'odeur de l'amour dérange celui qui n'est pas aimé ».

 


« Le regard donne de la valeur à quelqu'un »


Seul à 12 ans, dans les rues de Paris, Tim Guénard dort pendant plusieurs mois sous un des pieds de la Tour Eiffel, qu'il appelle « Dame Girafe ». Un jour, il rencontre un clochard, Monsieur Léon, qui lui apprend à lire dans les livres qu'il récupère dans les poubelles. « Derrière cet homme, c'est bien le Big Boss qui était là, présent à mes côtés. Dieu ne se comprend pas. Il rend visite à tous les coeurs chiffonnés de la terre. »

 

Lorsqu'il est arrêté par la police et emmené devant un juge, on l'appelle « le petit Jean Valjean ». C'est à un policier, qui, ce jour-là, lui donne un sandwich, qu'il doit aussi de ne pas avoir sombré dans la délinquance. « Je me souviendrai toute ma vie du regard qu'il a posé sur moi. A quoi tient la vie ? A pas grand-chose, juste à un joli regard. Le regard donne de la valeur à quelqu'un. » Quelques mois plus tard, c'est grâce à un autre regard bienveillant que Tim va pouvoir se relever. « Ce regard était celui d'une femme juge. C'est la première
personne à m'avoir vraiment considéré. Merci Big Boss d'avoir créé la cousine de l'amour, qui s'appelle la considération. » La juge, touchée par son histoire, lui donne sa chance et l'envoie chez les Compagnons du Tour de France pour qu'il apprenne le métier de sculpteur sur pierre. Au bout de trois ans, diplôme en poche, Tim retourne la voir. « Posant sa main sur ma tête, elle m'a dit : "Je suis fière de toi". J'ai alors ressenti un gros frisson ! »

 


Rencontre avec Jésus devant le Saint Sacrement


Par l'intermédiaire d'un ami, rencontré dans son métier, Tim Guénard découvre aussi le monde des personnes handicapées. « J'ai été accueilli dans une maison par un homme handicapé qui m'a mis la main sur le coeur en me disant : "Toi, tu es gentil". Il m'a ensuite invité à venir voir Jésus. » Il ajoute avec humour : « Je croyais qu'il parlait d'un ami portugais ! ». Pour la première fois devant le Saint Sacrement, Tim est touché par la grâce. « Si mes amis handicapés pouvaient voir Jésus dans cette hostie, je devais pouvoir Le voir moi aussi. Aujourd'hui, je suis croyant de l'Eglise de Rome, c'est bien parce qu'on m'a présenté un jour Jésus vivant. » Et Tim de lancer cet appel : « Il faut arrêter d'avoir des têtes de chrétiens tristes, mais au contraire montrer des visages joyeux pour que le monde s'interroge sur ce qui nous rend vraiment heureux ! Ce qui relèvera notre pays, ce n'est pas l'argent, mais bien des familles chrétiennes qui s'aiment ».

 

Alors que l'Année de la miséricorde s'ouvre dans l'Eglise, Tim Guénard témoigne de la force du pardon, qu'il a su rendre plus fort que sa haine. « Le sacrement de la réconciliation m'a aidé à pardonner à mon père, aujourd'hui décédé. N'ayons pas peur de laver notre coeur lorsque nous regardons quelqu'un, même si cette personne nous a fait du mal. Le pardon est d'abord avec soi-même pour pouvoir accepter sa propre histoire. Il ne s'agit pas d'oublier bien sûr, mais de déposer aux pieds de Jésus tout son fardeau pour continuer à avancer. »


Anne Detter-Leveugle

 

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