Père Joseph Boisseau : A l’image de Saint Joseph, dans l’humilité et la prière

CEV-n°174-Témoin-BD

 

 

Il fête ses soixante et un an de sacerdoce ! L’abbé Joseph Boisseau profite d’une retraite bien méritée, à la résidence Louis-Marie Billé à la Roche-sur-Yon, depuis 2012. Au crépuscule de sa vie, toujours aussi vif d’esprit et non sans humour, il continue de s’émerveiller de la Création et rend grâce pour sa vie, donnée au Christ. En ce mois où l’Eglise fête Saint Joseph, le 19 mars, il confie sa joie d’être prêtre, dans la confiance et l’espérance.

 

 

 

 

Le père Joseph a la même discrétion que son saint patron. De son appartement, avec une vue dégagée sur la ville, il aime contempler le ciel et le vol des oiseaux. Assis dans son fauteuil, il regarde le monde, les hommes et l’Eglise avec bienveillance, quelques doutes parfois, mais jamais sans un bon mot d’esprit ! Ne ratant aucune des conférences de l’ICES, à deux pas de la résidence, il continue de s’enrichir intellectuellement, se nourrissant aussi de lectures spirituelles, de Teilhard de Chardin en passant par saint Jean-Paul II ou sainte Thérèse de Lisieux. Ses journées sont rythmées par la prière, l’eucharistie célébrée avec ses quatre confrères prêtres qui habitent au même endroit, et des temps fraternels, notamment avec la fraternité Charles de Foucauld, à laquelle il appartient. « Nous avons beaucoup de chance, nous ne sommes pas isolés ! », précise-t-il, appréciant aussi la présence des jeunes du foyer, situé juste à côté.

 

Né à Angles, le jeune Joseph grandit dans une famille chrétienne. Son père, Joseph lui aussi, a combattu sur le front à Verdun, restant très marqué par les nombreux morts qu’il a vus. Le jeune Boisseau n’est encore qu’un enfant lorsque les Allemands arrivent dans le Sud-Vendée, dans les années 1940. De cette période, il garde des souvenirs douloureux qu’il évoque à demi-mots, préférant taire la barbarie dont il a été témoin. Il se souvient de « sa belle église d’Angles », dont il a une photo dans son salon, de ses heures passées comme servant d’autel, appelé par son curé pour servir la messe ou accompagner le cortège lors d’une sépulture. Enfant, il montre un vrai don pour le chant (qu’il a toujours !), et il aime psalmodier le grégorien. Au cours de ses années de séminaire, à Saint Laurent, Chavagnes et Luçon, il passe plusieurs mois en Algérie pendant la guerre pour son service militaire. Une période qui l’a profondément marqué. « La vie ne tenait qu’à un fil, au détour d’une embuscade, où j’ai vu certains de mes frères soldats mourir, ainsi que des enfants », raconte-t-il. Il puise des forces pour se ressourcer, grâce à la fraternité avec les soldats, venus de toutes les régions, mais aussi avec la présence d’un aumônier au front qui lui permet de participer à l’eucharistie.

 

 

RÉVÉLER LE VISAGE DE DIEU

 

A son retour en France, il est ordonné prêtre le 1er mars 1968, « en plein Carême ! Cette période post-concile était pleine d’espérance, pour toute une génération de prêtres afin de témoigner de l’Evangile, une vive flamme d’espérance pour le monde », se souvient le père Boisseau. Il vit sa première mission aux Sables-d’Olonne comme vicaire, puis exerce son ministère à l’Hermenault, Noirmoutier, Luçon ou encore Bournezeau. Dans chaque paroisse, il a à cœur de « révéler le visage humain de Dieu et le visage divin de l’homme », une phrase qu’il choisit à l’occasion de ses cinquante ans de sacerdoce, vécus au sein de sa famille élargie, et notamment avec sa sœur, religieuse du Bon Pasteur à Pau, mais aussi lors de nombreux pèlerinages à Lourdes.

 

Maintenant à la retraite, il se rend disponible pour les journées de confession, pour célébrer l’eucharistie à l’aumônerie de l’hôpital ou en maison de retraite, ou dans différentes paroisses. « C’est important pour moi de voir des visages, des sourires, de vivre la prière en communauté, autour du Christ qui nous rassemble », précise le père Joseph. Il porte un regard de bonté sur l’Eglise, sans occulter les peines qui la meurtrissent, comme le scandale de la pédophilie, « un énorme gâchis et une grande tristesse », mais aussi la baisse de la pratique religieuse. Pourtant, « le monde matérialiste déçoit, la société de consommation ne rend pas l’homme heureux. A nous d’annoncer que la source du vrai bonheur se trouve en Dieu ! », encourage le père Joseph.

 

Au crépuscule de sa vie, et alors que beaucoup de confrères prêtres de sa génération ont déjà rejoint la Maison du Père, il se prépare au jour de son départ vers le Ciel ; lorsqu’un soupçon d’inquiétude le guette parfois, il aime réciter cette prière d’oraison : « Seigneur Jésus, fils du Dieu vivant, aie pitié de moi pécheur ». « J’ai confiance dans la miséricorde du Seigneur, et je prie pour qu’Il m’accueille avec amour, le jour où je rendrai ma tenue d’humble serviteur », conclut-il, avec foi et espérance.

  

 

Anne Detter-Leveugle

Catholiques en Vendée n°174 - Mars 2019

 

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