Quelle vie dans l'« au-delà » ?

Quelle vie dans l'« au-delà » ?

Par le chanoine Christian Daleau

Cette expression laisse déjà entendre le flou de notre représentation mentale d'une « durée  après la mort » que nous ne maîtrisons pas. Nos aînés parlaient de « shéol », à peine différent de l'Hadès des mythologies gréco-romaines. Notre imagination rêve d'un espace où chacun évolue librement, selon ses goûts ou ses tendances, sous l'œil bon enfant d'un Maître qui pourvoit au bonheur de tous. Le vocabulaire employé traduit l'embarras devant l'absence de connaissances rigoureuses : un « paradis », qu'est-ce qu'on y fera ? J'ai même entendu qu'on commencerait bien à s'y ennuyer ! Bref, une grande inconnue.

Les religions diverses ont tenté de faire envisager l'au-delà comme le temps et le lieu où seraient enfin et définitivement comblés les désirs les plus profonds et irréductibles de notre cœur. Mais la question la plus lancinante consiste dans la conduite à tenir sur terre pour « arriver » à « mériter » son ciel. La « dignité » de la vie semble en cause. Mais la « sainteté » n'est-elle qu'une perfection morale ? Certainement pas, répond la foi chrétienne qui ne peut confondre le ciel offert par Dieu avec un paradis stoïcien. Jésus annonce la vie éternelle comme un don de Dieu : « Qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jean 3, 36). Or l'éternité envisagée par Jésus nous rendra « semblables à Dieu parce que nous Le verrons tel qu'Il est » (1Jean 3, 2).

            Comment un théologien contemporain parle-t-il de cet « au-delà » ? Réponse avec une explication du Cardinal Ratzinger en 1981 : « le christianisme ne promet pas le simple salut de l'âme, dans un quelconque au-delà où toutes les valeurs et les choses précieuses de ce monde disparaîtraient comme s'il s'agissait d'une scène qu'on aurait bâtie autrefois et qui disparaîtrait désormais. Le christianisme promet
l'éternité de ce qui s'est réalisé sur cette terre. Dieu connaît et aime cet homme total que nous sommes actuellement. Est donc immortel ce qui grandit et se développe dans notre vie de maintenant. C'est
dans notre corps que nous souffrons et aimons, que nous espérons, que nous éprouvons de la joie et de la tristesse, que nous progressons à travers le temps. Tout ce qui grandit ainsi dans notre vie de maintenant, c'est cela qui est impérissable. Est donc impérissable ce que nous sommes devenus dans notre corps, ce qui a grandi et mûri au cœur de notre vie, en lien avec les choses de ce monde. C'est « l'homme total » tel qu'il s'est situé en ce monde, tel qu'il y a vécu et souffert, qui sera un jour emporté dans l'éternité de Dieu et qui aura part, en Dieu lui-même, à l'éternité. C'est cela qui doit nous envahir d'une joie profonde
[1]. »

 

 

[1] Cardinal Joseph Ratzinger, Vivre sa foi. Mame 1981

 

Irons-nous tous au paradis ?

 

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