Pourquoi Dieu permet-il le mal ?

 

Par l'abbé Joseph Proux

 

Pascal, après une longue maladie, a fait ces-jours-ci son passage vers le Père. Lors d'une de mes visites, il a tourné vers moi son regard épuisé et douloureux et m'a dit : « Pourquoi ? ». Face au mal, cette question monte de la terre vers le ciel depuis des millénaires, comme le cri lancinant entendu dans les couloirs des hôpitaux.

Les théologiens ont sans cesse cherché à comprendre, conscients qu'ils touchent là aux frontières d'un « mystère » dont la réponse est seulement dans la vie éternelle. Mais nos raisonnements, intellectuellement satisfaisants, suffisent-ils à un homme qui souffre et meurt ?

Pascal avait dit à son épouse : « Si Dieu veut que ce soit comme ça ; ça sera comme ça ! », pas par fatalisme, mais à la manière de Job, dans la confiance du croyant sincère qu'il était.

Notre mal hante ce monde depuis son origine : spasmes terrestres et cosmiques ravageurs ; maladie et mort qui torturent l'être humain à tout âge ; méfaits tragiques des hommes envers leurs semblables et la nature : « Pourquoi  Dieu permet-il cela ? Pourquoi le monde et l'homme sont-ils comme cela ? »

Ce qui choque le croyant, et semble donner raison à l'incroyant, c'est que cet état de choses s'oppose à ce qui nous est révélé de la bonté de Dieu et de son amour de Père. Celui que nous appelons « toute-puissance d'amour » serait-il impuissant devant une mécanique emballée qui lui échappe ?

Il nous faut renoncer à la caricature grossière d'un Dieu magicien qui tirerait les ficelles et ferait du monde et de nous des pantins à son gré ! La présence de Dieu à l'histoire humaine et à mon histoire personnelle est à voir comme respectueuse de la liberté humaine que Dieu a remise, comme une dignité, à ses enfants. Il a déposé le monde et notre destin entre nos mains. Hélas, le mal ne trouve-t-il pas souvent en nous des complicités coupables ?

Dieu serait-il indifférent ? Les Ecritures ne cessent pas de le montrer proche. Isaïe, au milieu de ses épreuves et de celles de son peuple, affirmait : « Oui, j'ai du prix aux yeux du Seigneur ! C'est mon Dieu qui est ma force ! »

Dietrich Bonhoeffer, pasteur allemand assassiné par les nazis, écrivait : « Dieu est impuissant et faible dans le monde, et ainsi seulement il est avec nous et nous aide. »

Comme le Samaritain de l'Evangile, Dieu s'est fait proche de l'homme frappé par le mal. Jésus Christ crucifié est venu nous dire que Dieu souffrait avec nous et que l'Amour et la Vie auraient le dernier mot. C'est tout ce que je pouvais dire à Pascal.

      

 

 

Le philosophe Paul Clavier nous parle de l'énigme du mal        

 

 

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